La plume blanche

Elvire

On ne se perd pas en immigrant, on retrouve plutôt la plénitude de QUI on est vraiment!

Le titre de mon billet vous fera certainement sourire quand on sait que tout ce qui est relié à la religion comme la foi, la pratique d'une religion n'importe laquelle est chose rare, voire en voie de disparition au Québec. À un point tel, que je me suis fait dire une fois d'éviter les sujets exportant à la foi ou à la religion si je voulais être lue jusqu'au bout

Avant donc de « zapper » ce billet, cherchez à comprendre ce que j'entends par religion, par foi, par la parole de Dieu et tout autre synonyme que je vais utiliser dans ce texte. Garder ce fil conducteur: Immigrer demeure certes un cheminement de possible perdition et de gros bouleversements de tous ordres, au point den perdre sa religion personnelle mais ça reste une élan de foi que seule la religion personnelle de lAmour de soi et des autres pourra combler.

Je vous mets en contexte: jai assisté à la conférence :"Être le leader que je suis" de Rémy Tremblay, brillant conférencier et directeur d'Adecco Canada une entreprise de 11000 employés.

Ce leader, je l'appellerai "respectueusement et affectueusement" le visage du Christ encore présent et à l'oeuvre sur notre terre, dans notre Québec, oui, dans notre magnifique Québec, qui soit dit en passant na quasiment plus la religion ou la foi. Puis-je vous dire quavec mon regard de femme immigrante et noire ayant aimé, épousé et adopté le Québec, je peux vous affirmer sans l'ombre d'un doute que la foi, l'expérience de la religion, la vraie, celle de lAmour (et point final), celle-là qui, dans le silence intérieur d'un être, vient vous chercher et vous transporte là où vous DEVEZ ÊTRE Cette expérience mémorable, touchante telle une lumière qui sort de l'ombre de nos vies mouvementées, à la course, super occupéesce moment de vision que plusieurs vous diront qu'ils ont vécu lors d'un rêve ou d'un songe, moi je l'ai vécu en direct. Je l'ai vécu et ressenti, grâce à monsieur Rémi Tremblay. Et ce, ici au Québec!

Voici les trois parallèles que je peux faire, entre la conférence et la foi : Le titre: "Être le leader que je suis" m'a tout de suite renvoyé à "Je suis CELUI QUE JE SUIS", affirmation de Jésus lorsque les disciples lui demandent qui est-il?
Le message : "Travailler à devenir, dans tous les domaines de notre vie, plus tranquille par le courage, l'humilité et l'Amour". Là nous sommes rendus sans prétention à un niveau de spiritualité plus élevé. Mais, par des exemples et avec grande humilité, notre conférencier l'a résumé comme recherche du relâchement de notre EGO, tout comme le stipule la règle des grands moines bénédictins: la recherche assidue de la tranquillité intérieure aujourd'hui et maintenant. Les moines vivent retirés du monde, cloitrés pour mieux aborder et intégrer ce degré d'élévation de l'âme et de la pensée. Grâce à un conférencier, un messager comme monsieur Tremblay, toute personne, a le pouvoir de travailler à cette tranquillité, à cette élévation de notre âme, telle une blanche plume pure et légère volant vers des valeurs plus sereines. Atteignant le résultat suivant : être où nous devons être et être les personnes que nous devons être. Et comme leader, au-delà des stratégies et de la gestion des personnes, s'ouvrir à un don de soi plus généreux, humble et aimant des autres (notre famille, nos employés et même notre travail).

Le dernier point de son exposé et non le moindre: "Allezà la recherche de QUI vous êtes et n'oubliez pas que: Plus vous aimez les gens, plus vous deviendrez tranquilleplus vous atteindrez la légèreté et la liberté dune plume. C'est une mission : l'envoi en mission. Vous avez reçu, allez le donner au suivant, mais avant, rechercher vous-mêmes qui vous êtes, travailler à être plus tranquilles. Ainsi ce que les gens garderont de vous après votre passage sur cette terre, les souvenirs laissés seront votre sérénité et votre tranquillité contagieuseJésus a dit : « Allez, je vous envoi dans toutes les nations, faites des disciples, soyez l'amour autour de vouset ces paroles sont dites à la suite de son séjour au désert. Le désert, symbole de solitude, de silence, de brise douce où une âme tranquille ou un être serein flotterait comme une plume blanche et légère. Une personne comme toi, comme moi qui aurait travaillé, avec courage, humilité et amour, contre vents et marées et qui pourrait affirmer chaque jour le visage rayonnant de sérénité et avec des étoiles dans les yeux : "Je suis EXACTEMENT là où je dois être!" comme parent ou leader. Jespère que mon billet saura vous toucher et vous faire réaliser que la foi nest pas juste à léglise, mais aussi partout dans notre quotidien, dans nos rencontres, dans notre travail et que toujours la vie nous parle, écoutons là!

Merci Monsieur Rémi Tremblay! Merci pour votre tranquillité. Je peux affirmer que votre message influencera toujours ma vie de femme immigrante, de mère et dentrepreneure. Grâce à vous, jai retrouvé la foi soit-disant perdue du Québec. (Pour ceux qui ont lu mon billet, merci de n'avoir pas « zappé!») Et nourrissez-vous de conférences, formations ouvrez-vous et recevez, donnez et recevez!

Elvire T Juteau
De Trois-Rivières Mère de 3 cocos
Entrepreneure immigrante
Propriétaire de Casafriq
Présidente du RAAM

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Parrainage, de l’ombre de mon époux à la quête de MOI

Elvire

Immigrer par parrainage
De lombre de mon époux à la quête de MOI,
Femme intégrée, épanouie et autonome


Selon le site du gouvernement du Canada, parrainer une épouse (mon cas) cest lui permettre dimmigrer au Canada. Et pour ce faire, vous devez prouver que vous pouvez répondre à ses besoins essentiels comme la nourriture, les vêtements et le logement. Soutenir financièrement le membre de votre famille (toujours moi) et enfin vous assurer que votre épouse (moi) naura pas besoin de laide financière du gouvernement.

La femme quelle soit immigrante ou non est une personne pour qui la sécurité dans tout le sens du mot est primordiale. Immigrer est une action qui crée en vous une insécurité palpable; nouveau monde, nouveaux défis malgré la présence efficace et le respect des règles citées dans mon introduction par mon époux, laction dimmigrer pour moi a été comme me mettre sous laile protectrice de mon mari québécois et lui faire entièrement confiance. Linsécurité liée au processus baisse dun cran voire devient quasi inexistante. Cela parce que mon époux me rassure et assure. En effet les besoins de bases sont comblés et ce qui est merveilleux, il nen fait pas une problématique potentielle à court, moyen et même long terme. Son soucis primordiale est mon intégration humaine en premier lieu. Connaître du nouveau monde, me faire de nouveaux amis, bref faire de mon nouveau pays, son pays à lui, un lieu ou bien me sentir. Et ce fut le cas, jai aimé bien vite ma nouvelle vie et ma nouvelle ville, Trois-Rivières.

De petites marches dans le carré du quartier mont fait apprécier le calme et le respect des quatre stop par la grande majorité des automobilistes. Notre premier appartement à moins de 400 mètres de luniversité sur la rue De courval me permettait de rencontrer plusieurs personnes de couleurs comme moi. Cest tout de même rassurant de voir que je nétais pas toute seule perdue dans lisolement complet loin de ma terre natale. De surcroit, la petite épicerie africaine sur le coin de rue ma mis un petit baume au coeur: wow il ya de la banane plantain! Oh wow je retrouve un peu de tout Je ne suis pas difficile en bouffe mais retrouver juste des ingrédients de chez moi ma fait un bien beau bonheur.

Cette marche dans lombre protectrice de mon époux était sécurisante mais très vite la question quest-ce que je fais dans mon nouveau pays est vite revenue à la charge. Je fréquentais la maison des familles oui un lieu très intéressant ou je rencontrais avec plaisir de nouvelles mamans comme moi, mères de un à 4 enfants en général et nos discussions dénommées « entre-mères » me permettaient de découvrir tranquillement la société québécoise en dehors de mon ménage.

La première fois que jai entendu une de mes collègues dire, « je lai fait coucher au sous-sol » en parlant de son mari, jai souris intérieurement et je me suis dit en dedans, tu es à la bonne place pour découvrir réellement ta nouvelle société de vie. Les femmes, les enfants sont les meilleurs ambassadeurs du rythme dune société. Les expressions québécoises, les recettes culinaires, les hobbies des femmes etcje me suis mise silencieuse, (je veux dire à lécoute), souriante et serviable à lécole de ma nouvelle société. Je me suis fait de très bonnes amies, qui mont offert à souper avec leur maisonnée, on a initié des sorties entre filles, des activités de fin de semaines avec nos enfants

Commença alors ma quête du MOI. Quelle sera ma première action dintégration socio-professionnelle? Vais-je retourner aux études? Vais-je travailler?
Maman alors dun premier enfant, ou le mettrai-je quand ce sera le temps?
Je veux allaiter mon garçon pendant au moins 12 mois voir 18 comme ce fut le cas finalement. Pendant ce temps, lévaluation comparative de mes études et activités professionnelles hors Québec faites, je savais un petit peu ce qui pouvait soffrir à moi comme carrière. Bien que mon intention était de repartir en affaires comme je létais chez moi. Mais la formule que je développais en Côte dIvoire avait-elle des chances de marcher ici? Le doute menvahit et je ny croyais pas assez. Je me mets donc à écrire sur un blog créé par mon conjoint et moi-même et dédié aux couples mixtes interculturels comme nous, comment cheminer pour demeurer en amour malgré les différences de tous ordres. Déjà que cest difficile en couple simplement quen est-il lorsque la culture, léducation et tout ce que vous savez est très différent. Le blog et les échanges avec mes lecteurs et lectrices de par le monde entier mabsorbent et me font passer lhiver sans trop de choc.
Je retourne donc à luniversité, non en informatique de gestion mais en communication écrite, me procurant ainsi des outils intéressants pour ma passion pour les communications écrites.

Parallèlement, je fais du bénévolat dans une résidence pour personnes âgées en récréalogie, cest-à-dire que jaidais à leur moment de loisirs les résidents par des activités et jeux divers. Le responsable de ce service, une personne fort sympathique ma toute suite montré le sens des responsabilités ici et lamour dun choix de carrière; cet homme aimait son travail et cétait fascinant. Une expérience fort enrichissante, qui ma permis de découvrir un autre groupe de la société, les personnes âgées; discussions enrichissantes, découverte sur lhistoire, la religion, les familles Québécoisesbref une autre page enrichie par mon écoute, ma disponibilité et ma serviabilité.
Chaque emploi que jai exercé par la suite avaient pour objectif de découvrir au mieux cette société avant de définitivement choisir ma carrière, celle en arrière de ma tête, reprendre mon « business » et surtout mon autonomie comme chez moi.
Jai côtoyé la pauvreté affective de certaines personnes âgées dans une autre résidence, au delà de donner les soins de santé et faire un salaire, je me suis imprégnée de la proximité avec les personnes et leur famille. Tu sais quand la mamie te confie quelle souhaiterait tellement recevoir la visite de ces enfants et petits enfants quelle na pas revue depuis un sacré bout de tempsou encore ce gentil petit vieux qui la première fois te dit: « Tabernacle, je ne me ferais pas toucher par une Noire, alors que tu veux juste lui prendre ses signes vitaux ou encore mieux lui donner des soins dhygiènes. » Jai connu ça aussi mais je nai pas appelé ça du racisme, jai appelé ça lhomme de la génération qui ne connait pas les bienfaits de limmigration. Puisque quelques mois plus tard, le petit vieux devenait un de mes meilleurs « amis-patients » avant de mourir croyez-le ou non il me légua par ses enfants deux magnifiques oeuvre dart de grande valeur. Mais que jai refusé par éthique professionnelle de bons et loyaux services sans attendre une paie autre que mon salaire.

Un tour dans un café Morgan, une autre expérience Québécoise comme lemployeur potentiel aime les voir dans notre curriculum vitae. Hé oui, là ce fut la gestion des clients de lhumeur la plus agréable du matin à lhumeur la plus grognante et fatiguée du soir en passant par le Québécois le plus québécois par son accent inaudible à mes oreilles et ses sacres faisant office de virgule dans chaque phrase parlée. Au café, jai appris la découverte et la manipulation de la simple monnaie locale, lutilisation des cartes de débit-crédit une pratique pas si évidente quon pourrait le croire.

Cette quête du MOI sest retrouvé ensuite dans le milieu scolaire avec les jeunes par la danse, et oui jenseigne des ateliers de découvertes culturelles à travers la danse dexpression africaine et autres ateliers découverte à des jeunes dans les écoles et à des adultes dans les centres de loisirs. La danse symbole de ma culture et richesse de laquelle je me suis imprégnée et ai développé à mes temps libres au pays a pris le dessus et le plaisir de loffrir aux autres est devenu partie prenante de mes activités. Jaime danser et jaime à le dire, cest lactivité grâce à laquelle je nai pas encore été en réelle thérapie car elle me renouvelle et me permet de mexprimer, depuis mes émotions les plus troubles aux plus lumineuses et joyeuses. Voilà que se dessinait le premier volet de mon projet dune éventuelle Case africaine au Québec.

Allais-je reprendre « Elvire-Decor et Services culturelles » ou allais-je lui redonner un autre visage, une autre formule entrepreuneuriale adaptée à ma terre daccueil.
Je me renseigne auprès de personnes averties du milieu entrepreneurial trifluvien; centre local de lemploi, innovation et développement économique et on me parle du cours Lancement dune entreprise qui me permettrait de mieux réfléchir sur mon modèle daffaires et surtout être accompagnée dans le processus décriture de mon plan daffaires et de la création de mon entreprise. Je profite donc de mon congé de maternité de mon deuxième enfant pour réfléchir davantage à mon projet. Je me mets à lécrire et mieux encore à faire une étude de marché concrète auprès de mes amis et connaissances; les cours sont offerts dans des salles privées que je loue, les confections sont faites en cadeau pour les fêtes damis, les accessoires déco sont proposés à des connaissances qui organisent des événements etc
Je veux alors ouvrir « une case africaine au Québec » pour centraliser tout cela; ce serait un lieu de découverte de lAfrique à travers plusieurs activités regroupées sous trois volets: le loisir, la découverte et la culture. On pourrait donc danser, apprendre des instruments populaires africains comme les percussions, on pourrait découvrir la mode afro-exotique par les vêtements et autres accessoires connexes, faire connaître les façons de célébrer en Afrique par des spectacles, fêtes etcet je résumais tout cela par la devise: un réel voyage en Afrique en demeurant en sol québécois. Et lentreprise devra sappeler Casafriq: La Case africaine du Québec.

Ce fut le début de ma quête réelle de MOI. La sortie de lombre de mon époux; jallais mordre la poussière, me frotter à des réussites et à des échecs, me faire accepter ou refuser par des tiers, ne pas me faire comprendre ou simplement ne pas comprendre certaines attitudes de mon entourage immédiat ou lointain. Et le nul nest prophète chez soit allait prendre tout son sens; certains Africains en effet, partenaires potentiels dans la réalisation de ce projet me disent pour certains: « Je ne suis pas venus au Canada pour danser »lorsque je les invite à intégrer ma troupe de danse ou encore la meilleure: « Moi travailler pour une compatriote afro, pas question! ». Je mabstiendrai de détails dabandon de proches face à la difficultés et à la dureté du travail car je ne vous le cacherai pas, démarrer une entreprise du style de Casafriq ici en région dans un des quartiers les moins nantis, cest rude et exigeant, cest difficile! « Mon masochisme » pour mon projet a éloigné de moi des amies pour mon manque de temps à leur consacrer, des proches parce que ma rigueur personnelle a été perçue comme de lautoritarisme pour lequel elles navaient que faire dans un pays de liberté et de libre expression comme le Canada. Bref, laissons faire ces détails qui finalement contribuent à me faire grandir humainement et comme dirait lautre: « Merci à vous tous qui avez refusé de maider, grâce à vous jai appris à le faire par moi-même et ça ma apporté un plus! »

Je suis une immigrante et jai beau avoir un époux québécois pure laine, mon intégration socio-professionnelle je dois la faire par moi-même. Il pourra me dire chérie, tu es brillante, tu es capable etcça prend tout cela pour recharger certes les batteries du coeur et du corps. Mais dans mon esprit, dans mon cheminement, jai compris que je devais me réveiller et mener des actions concrètes pour réaliser mes rêves. Je suis encore au début de ce processus et je me considère encore à lécole de la vie entrepreneuriale ici en région. Je me donne des alliés aux convictions inébranlables comme moi, je me fais accompagner de personnes qui ont les mêmes valeurs que moi et en qui jai confiance, jobserve, je suis ouverte aux autres, je ne me prends pas pour une autre. Je suis moi, pour me faire entendre, je nai pas besoin de le faire coucher au sous-sol, jai assez dassurance pour savoir que mes choix définiront toujours mon lendemainalors je les mûris. La leçon la plus évidente qui guide mes pas ici au Québec, cest lA.C.T.I.O.N!
Rien ne me sera acquis avec uniquement des idées, ou couchée dans le sofa à me limer les ongles et attendre un miracle de facilité.
Merci la vie, merci limmigration, tout un processus empreint de montagnes russes démotions, de difficultés et dune envie de retourner certaines fois chez soi; mais Dieu, que tout cela fait grandir et découvrir la vie, lhumilité, la découverte de lAmour vrai.

Si jai un conseil à donner aux parrains, époux ou épouse qui contribuez à faire venir votre douce moitié chez vous, nessayer pas de le/la retenir sous votre ail. Laissez-la explorer de par elle-même les opportunités. Laissez-la prendre des risques. Vous pouvez lui mettre de lair dans les voiles avec votre amour, votre soutien, votre présence mais nessayez aucunement davoir votre « chose » au mieux votre « bien » près de vous. Cest une personne libre comme vous qui réagira de la même façon que vous, si vous lui caressez la joue ou si vous lui donnez une gifle. Ce nest surtout pas un enfant pour faire ses choix à sa place, faites-lui confiance et laissez son audace guider son intégration. Et en tout temps soyez simplement là!
Et vous le/la parrainée, cest bien beau être sous laile rassurante du parrain mais bâtis ton chemin, lève-toi et pars tinformer, rencontre des personnes, fais des téléphones, prends lautobus, marche, partage tes projets aux autres, découvre et ne crois jamais que ton rêve est trop ambitieux ou trop grand, justement faut-il rêver touchez la lune et lorsque tu la manques tu pourras peut-être attraper une étoile. Et puis tu sais quoi, en Amérique du Nord, le bon moment cest maintenant! Même avec un nouveau-né attaché dans ton écharpe.













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Février, mois de l’histoire des Noirs

Elvire

Que me souhaiter à moi femme Noire issue de limmigration ici en région, ici au Québec, ici au Canada?

Le mois de lhistoire des Noirs est né aux États­Unis dune volonté initiale de coordonner lenseignement des Noirs Américains dans les écoles publiques. Une initiative mitigée à ses débuts mais qui sest vue devenir essentielle et primordiale quand on sait que léducation et la connaissance de son histoire est essentielle voire primordiale à la survie physique et intellectuelle de tout peuple à fortiori les Noirs américains (...)

Cette célébration a bien vite pris de lexpansion et sest rendue ici au Canada en 1995 quand la députée Jean Augustine a fait voter une motion sur la reconnaissance des Noirs à la chambre des communes du Canada. La ligue des Noirs du Canada et celle du Québec organisent des événements commémoratifs avec un rappel au chemin de fer souterrain. Pour ceux qui lignore, le chemin de fer clandestin était un réseau de routes clandestines qui étaient utilisées par les esclaves noirs américains pour se réfugier au delà la ligne de démarcation entre les États abolitionnistes du Nord et les États esclavagistes du Sud appelée la ligne de Mason­ Dixon jusquau Canada avec l'aide des abolitionnistes qui adhéraient à leur cause. Bref, après ce petit clin doeil à lhistoire, nous sommes en droit de nous demander la pertinence aujourdhui de célébrer lhistoire des Noirs ici au Québec, ici au Canada?
Et en quoi est-­il important de se remémorer lhistoire de ce peuple avec une mention dhonneur aux femmes.

Jai envie comme Morgan Freeman de déclarer : « Je ne veux pas d'un Mois de l'Histoire des Noirs. L'Histoire des Noirs c'est l'Histoire Américaine. » En effet Freeman pense que le racisme perdurera tant que les gens s'identifieront par rapport à leur couleur de peau, leur race.

Mais je choisis comme femme Noire, issue de limmigration ici en région ici, au Québec, ici au Canada de penser comme Virginia Woolf que je cite: « Chacun a son histoire fermée en lui comme les feuilles d'un livre qu'il connaît par coeur et ses amis ne peuvent lire le titre." Une autre citation dit et je cite: « On ne peut pas peindre du blanc sur du blanc et du noir sur du noir, chacun a besoin de lautre pour se révéler. Autant je veux touvrir le livre de mon histoire autant jai besoin de connaître la tienne. Lignorance est une aliénation sans pareille quil faut abolir. Cest la méconnaissance de lautre, de son histoire même entre être de la place qui crée plusieurs conflits souvent inutiles. ET oui il est plus que pertinent voire essentiel de célébrer lhistoire des Noirs ici au Québec et ici au Canada.

Et plus encore, jopte pour le faire avec un regard féminin, le mois de lhistoires des Noir­E­s avec comme objectif de partager lhistoire mais surtout présenter ces figures féminines. Présentations qui devrait nous ouvrir à une réflexion. Cest quoi la place de la femme noire issue de limmigration ici au pays? La prend-­elle à sa juste valeur? Est­-ce que cette place existe vraiment? Autant de questions, autant de piste de réflexions. Ma réflexion sera celle dune immigrante noire en région et jamorcerai mon propos avec une parole de sagesse du célèbre Paolo Coelho et cette parole de sagesse, je souhaite de tout mon coeur quelle devienne le socle de notre réflexion comme femme et femme immigrante noire. « Vous devez clore des cycles, non par fierté, par orgueil ou par incapacité mais simplement parce que ce qui précède na plus sa place dans votre vie. Cessez dêtre ce que vous étiez et devenez ce que vous êtes... »

Cest terminé lesclavage, cest banni la traite négrière, cest terminé ce temps où tu ne pouvais pas tinstruire, texprimer, choisir ton chemin, choisir ta carrière...Aujourdhui, tu peux et tu as le pouvoir de texprimer, de choisir la liberté et mener des actions pour la garder et la faire porter du fruit et un fruit qui demeure.

Le Mois de l'histoire des Noires au féminin, c'est un moment pour réfléchir sur ces femmes qui ont résisté au changement, de créer une vie meilleure pour tous, et qui nous interpellent du tréfonds de nos coeurs, des femmes courageuses et fortes. Nous devons également réfléchir sur les femmes dans nos propres vies, et chercher des moyens d'exprimer la force et la sagesse de celles qui étaient avant nous, ainsi que les femmes contemporaines.

Le Canada et le Québec en a connu et connait de ces femmes.

Sais­tu quen 1853 Mary Ann Shadd Cary devient la première journaliste noire dAmérique du Nord. Elle est la rédactrice du Provincial Freeman, un journal torontois qui se veut la voix des Noires et des Noirs au Canada. En 1870, elle devint également la première avocate noire e Amérique du Nord.

Portia White devient la première chanteuse noire de concert au Canada en 1941. Elle connaît une extraordinaire carrière internationale, donnant plus de 100 concerts, y compris un concert privé devant la reine Élisabeth II.

La militante féministe Rosemary Brown était la première femme noire élue en Colombie­Britannique. Elle demeura députée jusqu'en 1986, puis devint cheffe de la Commission des droits de la personne de lOntario, pour prendre ensuite la direction du Centre international MATCH.

Yvette Bonny Pédiatre­hématologiste, réalise en 1980 la première greffe de moelle osseuse sur un enfant au Québec. Citoyenne d'honneur de la Ville de Montréal, on lui a aussi décerné le Prix des médecins de coeur et d'action, le titre de Femme de mérite du YWCA, le prix Claire Heureuse (première dame de la première république noire indépendante reconnue pour sa générosité et son courage exceptionnels) et le prix Sylvio Cator (modèle haïtien d'énergie et de réussite).

Marlène Jennings née à Longueuil en 1951, est la première Québécoise Noire à avoir été élue au parlement du Canada (en 1997).

D'origine sénégalo­-mauritanienne, Aoua Bocar Ly­Tall est militante et experte­-conseil spécialisée dans les questions de genre, d'égalité, de diversité culturelle et de développement international. Co­fondatrice Comité Inter­Africain, un mouvement international de lutte contre les mutilations génitales féminines, elle est aussi membre fondatrice du Regroupement général des Sénégalais du Canada et présidente fondatrice de Femmes africaines, Horizon 2015 et de Fem En Vie. Elle a reçu de nombreux prix, dont le Prix 2005 du gouverneur général en commémoration de laffaire « personne », et a été nommée personnalité du mois de lhistoire des Noirs en 2001.

Michelle Jean haïtienne née en 1957 devient en 2010, et après une carrière dans les médias, la première femme Noire Gouverneure générale du Canada (3ème femme à occuper ce poste). Elle a quitté cette fonction en 2005 et est actuellement ambassadrice de lUnesco en Haïti.

Yolande James avocate alors devient en 2004 la première femme noire à être élue à lAssemblée nationale du Québec, où elle est également la plus jeune des député­es.
En 2007, elle devient ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles du Québec. Elle est alors la plus jeune membre du Conseil des ministres et la première personne noire à y accéder.

Roselyne Mavungu présidente directrice générale du réseau québécois crédit communautaire.

Régine Laurent (présidente FIQ)

Régine Chassagne (musicienne et chanteuse, Arcade Fire)

Martine Chartrand (cinéaste)

Mme Dominique Anglade, le 28 janvier 2016, est assermentée Ministre de lÉconomie, de la Science et de l'Innovation et Ministre responsable de la Stratégie numérique au sein du gouvernement de Philippe Couillard.

Et tu sais quoi, tout près de toi en région ici à Trois-­Rivières, Amina Chaffai, militante féministe convaincue, originaire du Maroc. Depuis 2001, elle est lattachée politique (volet économique), Conseillère politique régionale et directrice de communications Mauricie/Centre­du­Québec. Conseillère responsable des relations avec les structures politiques, économiques et communautaires pour la Mauricie. Limplication au sein du conseil dadministration du Centre de santé des femmes de Trois-­Rivières a été déterminante pour la suite, soit la découverte de la passion pour le développement social. Plus que les études et la formation académique, cest lengagement social qui la emmenée professionnellement dans le milieu politique.

Bref, La liste ne tarit pas, la liste est longue. Et le plus beau dans tout cela, cest que cet élan de liberté et dintégration comme participante de la vie sociale, économique, politique de notre nouveau pays est conjugué au présent et au quotidien.
La femme Noire aujourdhui ici au Québec est présente et sactive. Non pour rester figée à une identité collée à sa couleur mais pour sinclure avec les autres femmes, « les deux autres soeurs » pour continuer ce cheminement des femmes vers leur libre expression, leur épanouissement et leur place dans la société.

Pour dire comme Oprah Winfrey : « Comme vous devenez plus clairement qui vous êtes, vous serez mieux en mesure de décider ce qui vous convient le mieux »
La balle est donc dans mon camp, femme Noire, immigrante, nouvelle arrivante...le sacré « bon moment » cest maintenant! Jagis!

Tags : DiscriminationProfil de l'immigration québécoiseHistoire

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De Abidjan en Côte d’Ivoire à Trois-Rivières au Québec!

Elvire

Je me nomme Elvire Toffa Juteau originaire de la Côte dIvoire en Afrique de lOuest. Jai immigré au Québec par parrainage, cest à dire, je me suis mariée avec un Québécois de souche et par la suite, il ma parrainée pour un regroupement familial afin que je le rejoigne dans son coin de pays. Nous nous sommes mariés le 12 août 2006 à Abidjan la capitale politique de mon pays la Côte dIvoire et sommes installés à Trois-Rivières depuis le 30 mars 2007. La procédure de regroupement familial na donc pas été trop longue bien que lorsque vous êtes séparés de votre amoureux, le temps paraît bien plus long quil ne lest.

Je suis très heureuse de vous partager mon expérience de femme noire issue de limmigration et vivant en région. Et dautant plus que je vous partage cela sur immigrer.com, site que jai eu d'ailleurs le plaisir de consulter et de lire lorsque nous vivions la procédure dimmigration mon mari et moi-même alors fidèles visiteurs de ce merveilleux site. Aujourdhui je suis au Québec, le temps passe si vite finalement, mon époux Sylvain et moi navons pas perdu de temps, nous sommes parents de trois merveilleux enfants de 8, 5 et 2 ans. Au travers de la maternité, jai terminé des études en communication écrite à luniversité du Québec à Trois-Rivières, jai connu aussi mes premières expériences de travail etc... pour finalement me lancer dans lentrepreneuriat.

Je suis travailleuse autonome, propriétaire dune entreprise dénommée Casafriq, la Case Africaine du Québec qui offre une diversité de services culturels, de découverte et de loisirs dinspiration africaine exotique. Je vous en parlerai plus en détails dans un autre article que je dédierai à lentrepreneuriat féminin immigrant en région.
Jai aussi fait du bénévolat et fréquenté la maison de la famille question de côtoyer dautres mères et surtout me frotter à la réalité parentale dici, toujours dans un soucis dintégration.
Lintégration, au mieux linclusion dans la société québécoise en région est une démarche de premiers pas et daudace, jaurai aussi loccasion de vous en parler assurément dans un autre billet.

Toujours dans ce souci de réflexion sur une intégration réussie et épanouie pour les femmes et par les femmes issues de limmigration, jai crée avec un groupe damies immigrantes le RAAM, entendez le Regroupement des Amazones dAfrique et du Monde, un organisme à but non-lucratif qui oeuvre justement pour lintégration socio- professionnelle des femmes issues de limmigration en région avec un point dhonneur à lentrepreneuriat féminin comme moyen favorable dintégration. Un autre billet pourra vous en parler en détails de lOBNL et sa soixantaine de membres, toutes des femmes comme moi qui croient en cette vision de solidarité, dentraide et dacceptation de lautre doù quelle vienne dans sa différence pour bâtir ensemble des moyens de contribuer à lautonomie financière des femmes immigrantes et les reléguer comme actrices de développement économique et sociale de notre région daccueil, notre nouveau chez nous.

Enfin, jécris oui ma passion pour lécriture ne tarit pas; lécriture pour moi demeure une réelle thérapie, un chemin de liberté, un fleuve didées et de faits de vie observés ou vécus à raconter, à partager afin que le lecteur partage mon univers souvent imagé, romanesque et poétique mais combien empreint de ma couleur de femme et de femme immigrante ici au Québec, ici en région.

Merci aux administrateurs de ce site de moffrir cette opportunité, cest un réel plaisir. Merci à vous qui me lirez et de qui jaurai aussi plaisir à lire les commentaires. Comme le dit une citation: « Lexpérience que tu vis en ce moment est le résultat de tous les choix que tu as faits. »

Immigrer au Québec avec mon époux a été un choix qui a engendré et continue dengendrer de gros dépaysements pour moi mais combien cette expérience est formatrice, valorisante voire vitale!

Jai déjà très hâte à ma prochaine chronique qui sintitulera: «Immigrer par parrainage...De lombre de mon époux à la quête de MOI »

Tags : ParrainageRégions du QuébecIntégration

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