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Trois ans à Toronto

Le 27 Juillet 2013, ma femme et moi récupérions nos valises à laéroport Pearson et nous apprêtions, un peu hésitant, à démarrer une nouvelle page de nos vies à Toronto. Les choses ont pris depuis un sérieux coup daccélérateur mais reprenons depuis le début !

Poussés par notre passion commune de voyager, lenvie de vivre une expérience à létranger nous démangeait depuis plusieurs années. Nous travaillions tous deux sur Paris dans des grosses boites multinationales mais les perspectives dexpatriation nous semblaient compliquées : villes reculées de pays en développement, quasi-impossibilité pour le conjoint « suiveur » de trouver un emploi, etc.

Nous sommes tombés un peu par hasard (merci le numéro spécial de lExpress) sur le Canada et son service dimmigration aguicheur. Un pays moderne, une économie en plein boom, des langues anglaises et françaises, le continent nord-américain : le pays remplissait tous nos critères, au moins sur le papier. Ni une, ni deux, nous allons nous installer au Canda et notre choix se porte vite sur Montréal comme la plupart de nos compatriotes.

Nous démarrons les démarches pour obtenir les visas et deux ans plus tard (!) nous pouvons enfin immigrer légalement. Nous planifions notre départ sur lannée suivante mais décidons de passer nos vacances dété 2012 au Canada. Madame connait déjà un peu Montréal mais pour ma part, je nai jamais mis les pieds dans le pays ou je mapprête à habiter ! Nous voilà donc parti pour un voyage de découverte de Toronto et Montréal. Montréal ma plu, à la croisée des cultures françaises et anglo-saxonnes, mais Toronto ma fasciné ! La plus américaine des villes canadiennes dégage une énergie sans pareil avec son skyline fait autant de gratte-ciels que de grues de chantier, son lac Ontario qui est en fait une vraie mer deau douce et ses dizaines de « neighborhoods » faits de rues bordées darbres et de maisons victoriennes. Changement de programme à quelque mois du départ : nous tenterons notre chance à Toronto et, si le gap culturel/linguistique et trop dur, nous essaierons Montréal.

Nous voici donc à laéroport Pearson ce samedi 27 Juillet 2013. Nous passons la douane et toutes les formalités liées à limmigration sans encombre puis nous embarquons dans un taxi à destination du downtown. Nous passons les premiers jours dans une auberge jeunesse de Chinatown puis le premier mois dans un grand appartement du bord de lac (Harbourfront comme on lappelle ici) sous-loué à des français rentrés au pays pour les vacances dété. Nous profitons de cette période pour nous trouver un logement durable (à Church & Wellesley, le quartier gay) et faire toutes les démarches administratives.

Un mois et demi après notre arrivée, je passe mon premier entretien et obtiens un poste dacheteur dans lindustrie aéronautique. Trois semaines plus tard, ma femme obtient également un poste dacheteur dans une chaine hôtelière. En moins de trois mois, nous avons tous deux trouvés un job dans nos domaines respectifs : cest inespéré !...

Apres 5 mois de vie Torontoise, nous décidons ne ramener nos économies françaises au Canada et commençons à regarder le marché de limmobilier (plus par curiosité quautre chose). Nous nous rendons vite à lévidence : le boom de limmobilier est tel à Toronto que, soit nous achetons une petite maison tout de suite, soit nous achèterons un appartement plus tard. A 15% daugmentation annuelle, aucune maison ne sera financièrement accessible pour nous dici 12 mois. Nous décidons de foncer et nous voici propriétaires dune « semi-detached » (entendez par là une maison mitoyenne) dans le quartier de Greektown à lest du downtown après 8 mois de vie à Toronto. On nous avait promis une première année mouvementée et pleine de surprises : on na pas été déçu !...

Nous passons lannée suivante et faire retaper et à retaper notre maison. Nous avons aussi appris à découvrir et apprivoiser cette ville au fil des saisons. Non, Toronto nest pas une ville charmante quil est facile dapprécier en tant que touriste (tous les migrants connaissent la difficulté de faire découvrir la ville à leurs familles/amis qui viennent leur rendre visite) mais Toronto est très agréable à vivre. Cest une ville suffisamment grande pour être une mégalopole internationale et bénéficier des avantages qui vont avec (les seuls équipes de basket et baseball du Canada, une équipe de hockey, toutes les concerts/tournées internationales) même si la vie culturelle (expos, musées) laisse encore à désirer. Mais cest également une ville encore à taille humaine avec beaucoup despaces verts, des plages, ou il est possible dhabiter au centre-ville sans gagner $300,000 par an (en comparaison de New York, Paris, Londres, etc.).

Lannée qui vient de sécouler a été plus paisible et on a profité dun hiver particulièrement doux et dun été exceptionnel pour profiter de tous les atouts de la ville : ski et patin lhiver, plage et terrasse lété. Je viens même de réaliser un vieux rêve en moffre un petit voilier pour naviguer le long du skyline et des Toronto Islands ! Une vie que je nosais même pas imaginer il y a encore 4 ans.

Inutile de vous dire que cette immigration a pour nous été un vrai succès ! Nous nen espérions pas tant et nous sommes absolument ravis de notre vie ici. Notre histoire ne doit pas servir de standard type dimmigration mais nous connaissons beaucoup de compatriote ici qui ont très bien réussi leur installation pour peu quils se soient bien préparés. Nous étions venu ici pour une période minimum de trois ans, nous navons aujourdhui aucune intention de repartir et il est fort probable que nous puissions faire notre demande de citoyenneté dici Noel prochain !

A tout ceux qui vivent à Montréal et pensent que Toronto est une ville monotone et dédiée au business, je ne peux que vous encourager à venir vous faire une idée par vous-même en venant visiter. Je sais que cest limage que renvoie la ville au Québec et cétait probablement le cas il y a encore 10 ans mais la ville subit une véritable renaissance !

Je terminerai ce bilan avec un petit pro/cons de la ville.

Pro :

Megalopole super dynamique avec une économie florissante
Lac Ontario et ses plages, ses iles, ses voiliers
Louverture desprit des torontois (60% de la population nest pas née au Canada !)
La verdure a proximité des gratte-ciels
Les dizaines de quartiers qui sont autant dinvitation au voyage
Lhiver plus doux quau Québec



Cons :

Les transtransports en commun chers et défectueux
Le prix des assurances voiture
Le prix de limmobilier qui commence à être cher (même si rien à voir avec Paris, NY, Londres)
Une vie culturelle encore pauvre (expos, musées)
Lhiver trop long

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